Alors que son déploiement approche, la Force de répression des gangs fait appel aux principaux intervenants en matière de sécurité en Haïti.
À l’approche de la mise en place prévue de la Force de répression des gangs (FRG), les discussions lors de la sixième conférence de la Table sectorielle sur la sécurité (TSS), orchestrée par le Centre d’analyse et de recherche en droits humains (CARDH), se sont centrées sur la question sécuritaire en Haïti.
Cette réunion, qui a rassemblé des délégués de l’État haïtien, des acteurs internationaux et de la société civile, s’est concentrée sur le sujet : « État actuel de la sécurité en Haïti et création de la Force de répression des gangs ». Elle avait pour objectif d’analyser les progrès réalisés dans l’application de ce nouveau cadre de sécurité et de consolider les aptitudes des institutions nationales.
Gédéon Jean, directeur exécutif du CARDH, a mis en évidence que cette conférence représente une plateforme de discussion cruciale pour évaluer les avancées faites, tout en repérant les obstacles et les engagements requis pour répondre efficacement à l’insécurité. Il a souligné la nécessité d’une approche coordonnée, transparente et basée sur une responsabilité commune.
Pour sa part, Cristobal Dupuy, le représentant spécial du secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA) en Haïti, a applaudi l’initiative du CARDH et a réitéré la détermination de l’organisme à promouvoir un renforcement durable de la sécurité. Il a souligné que l’établissement de la FRG doit s’aligner sur une stratégie globale visant à restaurer l’ordre public, renforcer l’autorité de l’État et protéger les citoyens.
Dans ce contexte, divers projets structurants ont été mentionnés, y compris l’amélioration des compétences de la Police nationale d’Haïti (PNH), l’établissement d’un centre tactique avec l’aide du Canada, et le déploiement de plateformes sécurisées pour renforcer la présence opérationnelle sur le terrain.
Arnaud Royer, porte-parole du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), a appelé à une stratégie holistique de la sécurité qui associe actions policières, défense des droits de l’homme et consolidation institutionnelle. Il a aussi mis en lumière les faiblesses du système judiciaire et le problème de la surpopulation en prison, qui pourraient entraver la gestion des détentions.
D’un point de vue économique, Serge Gabriel Colin, ministre de l’Économie et des Finances, a admis que l’insécurité a un impact considérable sur l’économie du pays. Il a signalé que des mesures sont actuellement mises en œuvre pour combattre les trafics illégaux, y compris ceux d’armes et de munitions, tout en redirigeant le budget national pour renforcer l’appui aux forces de sécurité.
Au nom du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), Axène Joseph a déclaré que les autorités sont désormais dans une étape opérationnelle. Il a déclaré que le cadre juridique de la FRG est achevé, en soulignant que ses attributions, ses restrictions et ses prérogatives ont été explicitement déterminées.
D’après ses dires, le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé vise à reprendre le contrôle du territoire national et à assurer la sécurité de ses citoyens. Un plan d’action a été conçu en tenant compte des priorités touchant les ministères de la Justice, de l’Intérieur et la PNH.
Plusieurs figures de haut rang ont assisté à la conférence, y compris le ministre de la Justice Patrick Pélissier, le directeur général de la PNH André Jonas Vladimir Paraison et le commandant suprême de la FRG, Godfrey Otunge. Les discussions ont également vu la participation de représentants du corps diplomatique, d’organisations internationales, de la société civile, du secteur privé et des médias.
La sixième Table sectorielle s’aligne sur les démarches déjà entreprises pour ajuster les stratégies de sécurité selon l’évolution de la crise, dans un contexte où la population continue d’exprimer des attentes importantes compte tenu de l’insécurité persistante.
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